Le maquillage, vecteur de plaisir et d’’émotions positives !

« Primum non nocere » (« d’abord ne pas nuire ! ») est le premier principe à respecter dans le maquillage », explique ici Dominique Bouvier, CEO, Strand Cosmetics Europe. De par la diversité des textures et de présentations (rouge lèvres, fonds de teint, mascaras) le maquillage permet de manipuler non seulement l’esthétique du visage mais aussi les réponses émotionnelles liées à l’image de soi et aux interactions avec les autres. Le maquillage apporte une réponse multidimensionnelle : dans l’affirmation de l’identité féminine tout en prenant soin de notre peau, de nos lèvres et de nos cils. Explications…..

MakeUp in…™ : La dimension soin du maquillage est bien réelle aujourd’hui ?

Dominique Bouvier : Absolument ! Le maquillage prend de plus en plus soin des lèvres, des yeux et du teint, grâce à des actifs soins et des filtres UV intégrés dans leurs formules ; La dimension soin des rouges à lèvres s’exprime autour des notions d’hydratation, de confort, SPF etc… Pour le mascara, les arguments « soin » tournent autour des aspects nourrissant et protecteur pour les cils, doux pour les yeux. Pour les fards à paupières, ils doivent convenir aux yeux sensibles, il faut qu’ils soient hydratants, … Pour les fonds de teints, ils doivent permettre éclat, hydratation, anti-âge, protection antiUV,….

MakeUp in…™ : Cela n’a pas été toujours le cas au cours de l’histoire !

Dominique Bouvier : C’est exact ! Entre 1945 et 1960, les femmes sont sous l’influence du cinéma et des stars hollywoodiennes. Le maquillage des lèvres et des yeux s’accentue, c’est le boom des eye-liners. Le maquillage devient incontournable dans la vie de femmes, c’est un accessoire de beauté haut de gamme glissé dans le sac à main. Entre 1960 et 1980, on assiste à la libération de la femme. Elles se battent pour leur droit et le maquillage souligne la naturalité de leur teint. C’est l’ère du teint frais avec un maquillage à la fois naturel et élégant. Entre 1980 et 1990, c’est l’émergence de la femme active et la quête du « control ». Elle est à la recherche d’un look à la fois jeune, avec le teint comme priorité absolue d’une totale maîtrise. C’est l’explosion des fonds de teint (2 way cakes, émulsions avec pigments traités , crèmes teintées, revendications no transfer, longue tenue…). On assiste à l’arrivée des perfecteurs de teint (éclat, correcteur, bonne mine…).

A noter que le maquillage venant du Japon s’impose et que Strand utilise dès les années 80 les pigments traités pour booster les couleurs, augmenter la couvrance et la tenue du maquillage.

A la fin des années 1990, on peut dire que nous assistons à l’explosion du maquillage qui devient un véritable moyen d’expression et de communication. Il faut dire qu’internet réduit les frontières et de nouvelles tendances font leur apparition avec le maquillage haute couture et personnalisé (le concept Beauté sur mesure de Terry « le luxe appliqué à la beauté »), le maquillage anti-pollution de clarins… Sans parler de l’essor des make-up artists, Dany Sanz en France, Bobby Brown à New York, Mac … et l’influence de la tendance minérale venant des US (Bare minerals). C’est d’ailleurs pendant cette période que Strand continue à développer son expertise dans la diversification des galéniques maquillage et soin. Nous travaillons avec des bureaux de tendances, des partenariats, des projets de recherche collaboratifs, de la veille scientifique et technique.

MakeUp in…™ : Le maquillage dépasse finalement la notion toute simple de « se maquiller » ?

Dominique Bouvier : Qu’il s’agisse de traiter son corps, son visage ou ses cheveux, de les soigner, de les entretenir, de les parer ou de les parfumer, il y a dans tous ces gestes – millénaires pour la plupart – un écho à ce que l’Homme a de plus profond en lui, c’est-à-dire exprimer la conscience de soi, l’acceptation de soi, l’estime de soi et la maîtrise de soi.

Au cours du soin, le sujet est amené à pratiquer sur lui les gestes autrefois prodigués par la mère. La dimension psychologique apportée par le soin est surtout perceptible au moment où ceux-ci sont effectués. Alors que le maquillage est une anticipation de l’effet produit sur autrui et des réactions de ce dernier en retour. La femme se maquille pour aimer et être aimée.

MakeUp in…™ : On est bien dans la recherche du « bien-être » !

Dominique Bouvier : A travers différentes approches expérimentales incluant des observations, des questionnaires, des dosages de médiateurs de stress,… il est démontré que l’utilisation d’un produit cosmétique peut avoir une influence sur les réactions émotionnelles, les relations sociales et le mental des individus. Ainsi le rôle des cosmétiques ne se limite pas à de simples fonctions d’esthétique et de performance, il est aussi vecteur de plaisir et d’émotions positives.

Le maquillage se positionne aujourd’hui comme étant une interface entre l’individu et son environnement. Deux grandes catégories définissent la motivation des femmes à se maquiller : La séduction, pour se mettre en avant, le camouflage pour se fondre dans la masse. Embellir, c’est rendre beau ou plus beau ! En anglais, cela se traduit par «rendre attirant» (to make more attractive).

MakeUp in…™ : Quels sont les atouts du maquillage ?

Dominique Bouvier : Incontestablement le maquillage aide la femme à s’affirmer davantage : Elle est rassurée d’avoir corrigé les imperfections de son visage ou de son corps. L’individu éprouve un sentiment de moindre vulnérabilité et est ainsi apaisé, elle devient immédiatement plus belle.

Le maquillage est aussi en partie un masque. Il procure un sentiment de liberté à celle qui l’utilise. D’ailleurs les grandes possibilités de variations qu’il autorise permet à la femme d’exprimer sa créativité pour atteindre ce rêve impossible d’être chaque jour de sa vie « ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre » comme disait Verlaine. N’est-ce pas le gage d’un amour sans fin ?

Il y a aussi la dimension thérapeutique : Le fait de se maquiller permet de se réapproprier son image, son corps. Se sentir belle malgré la maladie est une étape essentielle dans le processus de guérison. Retrouver une « bonne mine » offre une image rassurante à l’entourage, le regard de l’autre étant fondamental dans le processus de reconstruction.

MakeUp in…™ : L’arrivée de la fameuse BB Cream est-elle révélatrice de cette nouvelle dimension « soin » du maquillage ?

Dominique Bouvier : Elle l’est ! A son début, la BB Cream (Bleamish Balm : baume anti-imperfections) était utilisée par les dermatologues allemands pour masquer les cicatrices, calmer et apaiser la peau après un peeling facial ou d’autres procédures. Importée en Corée, la BB Crème connait un immense succès au pays où les femmes superposent en moyenne sept produits. En un seul geste, ce produit unique traite, protège et unifie le teint immédiatement. Ensuite on connait l’essor des BB, CC,… creams sur le marché occidental. Il faut savoir qu’en moyenne, les femmes prennent 30min/jr pour se préparer et 2/3 d’entre elles se disent trop occupées pour bien s’occuper d’elles. D’où l’émergence de ces produits « All in one » et « One suits all » qui apportent une réponse globale, rapide et facile aux femmes pressées : c’est la tendance dite de la « multifonctionnalité ».

MakeUp in…™ : On est également entré aujourd’hui dans une autre ère, celle de la « personnalisation » ?

Dominique Bouvier : La quête de produits personnalisés est importante pour 6 femmes sur 10. Il s’agit de l’adaptation du produit à une cible, à un besoin bien spécifique. Dans ce domaine, on peut citer le maquillage des peaux acnéiques (produits performants mais pas trop chers car souvent destinés aux adolescents, texture des actifs anti-acné), le maquillage des peaux matures (actifs anti-âge, soins confortables et hydratants pour prendre soin de ces peaux à tendance fine et déshydratée). On assiste aussi à une personnalisation des produits de teint qui sont déclinés en nombreuses teintes pour s’adapter à toutes les carnations multi-ethniques (projet Humanae), utilisation des smart pigments.

Enfin, on assiste aussi à l’émergence du maquillage correcteur et/ou post-acte avec un accompagnement par la dermocosmétique lors de thérapie ciblée afin de pallier les effets secondaires (Exemple en oncologie : problème de xérose cutanée, éruptions acnéiformes),…

Les lésions dermatologiques ont souvent un retentissement important sur l’image de soi. Bien qu’elles ne mettent pas eu jeu le pronostic vital, leur impact psychologique affecte presque toujours la vie quotidienne des patients. Prendre soin de soi (soins esthétiques, le fait de se maquiller) minimise les effet négatifs et améliore la qualité de vie des patients. Il est important qu’il fasse partie de la prise en charge médicale et qu’il améliore leur qualité de vie sans aggraver les lésions. Ce maquillage doit être Correcteur, très couvrant (avec beaucoup de pigments) pour masquer les cicatrices, sécurisé, « safe » (non irritant, non allergisant) et Waterproof.

MakeUp in…™ : une dernière question sur l’actualité de Strand cosmetics Europe ?

Dominique Bouvier : Nous travaillons sur la quête du teint parfait en alliant la complémentarité produit / outil, pour un résultat maquillage ciblé. Ainsi, à l’occasion du MAKE UP IN PARIS, les sociétés DUPONT DE NEMOURS, STRAND COSMETICS EUROPE et LOUISE WITTLICH ont décidé de présenter le résultat d’une collaboration initiée lors de l’édition 2012 et portant sur les couples idéaux pinceau – produit, pour la réalisation d’un maquillage naturel.

Ce partenariat a permis d’adapter la composition des fibres en fonction de la formule, de la prise du produit et du résultat maquillage souhaité. Trente textures différentes ont été testées : primers et bases, fonds de teint, concealers, blushes et poudres donnant lieu à cinquante six combinaisons produit/pinceau. Ces dernières ont été évaluées sur de nombreux critères : couvrance, luminosité, tenue, design du pinceau, rigidité des fibres, facilité de prélèvement et dépose du produit. Les combinaisons les plus performantes ont été sélectionnées et ont permis de proposer quatre couples parfaits pinceau/produit pour un maquillage “nude” sans défaut et totalement naturel. Anisa International, designer et fabricant de pinceaux, s’est joint au projet, amenant l’expertise du travail de la fibre pour créer des pinceaux répondant au brief de la make-up artist.