L’’impact de l’’odorat dans le maquillage

 

Parfumer le maquillage, est-ce une nécessité ?

Lorsqu’une odeur entre en contact avec notre muqueuse olfactive, notre première réaction est d’exprimer si on l’aime ou pas. « C’est la dimension hédonique de l’odorat qui est alors sollicitée. Pour d’autres sens comme la vue ou l’ouïe, on passe d’abord par une phase descriptive puis on émet un jugement » explique Isabelle Ferrand directrice de Cinquième Sens. L’appréciation des senteurs est liée à nos souvenirs olfactifs, « nous sommes au carrefour de nos émotions et de nos souvenirs » précise-t-elle. Odeurs et émotions sont étroitement imbriquées et il faut savoir toujours selon Isabelle Ferrand « qu’une émotion fait agir alors que la raison fera réfléchir ». Dans l’appréciation d’un produit, le parfum peut alors jouer un rôle non négligeable. Faut-il pour autant l’ajouter à tous les cosmétiques même les produits de maquillage ?

Tout dépend du produit

Pour Hélène Lefur, maquilleuse professionnelle indépendante et formatrice pour les entreprises « non, le maquillage n’a pas vocation à être parfumé. Ce que je recherche c’est avant tout une technicité, une performance, un résultat. J’ai travaillé sur des plateaux de cinéma avec des produits très odorants, du latex utilisé pour des vieillissements. Les artistes supportaient bien ce contexte et c’était même pour eux un moyen de s’approprier leur rôle ». D’une manière générale, certains maquillages ceux qui sont associés à une gestuelle glamour comme une poudre libre, un rouge à lèvres supportent une fragrance surtout si elle agit sur le registre émotionnel. « On a tous en souvenir l’odeur poudrée de nos grands-mères » illustre Isabelle Ferrand. Dans les fonds de teint, la moitié est parfumée. « Il y a 20 ans, on dénombrait beaucoup plus de produits neutres. Le parfum a été introduit au départ pour couvrir la base constituée de cires et d’huiles aux notes grasses » témoigne Anne Abriat de The Smell and Taste Lab. « Si parfum il y a, il faut qu’il soit discret car on superpose très souvent 5 ou 6 produits d’embellissements » ajoute Hélène Lefur.

La signature d’une marque

Au niveau des marques, il n’y a clairement pas de stratégie de parfumage du maquillage. « On trouve dans le mass market des produits avec des notes très sophistiquées et à l’opposé d’autres très techniques mais non parfumés » explique Anne Abriat. Par ailleurs, des sociétés historiquement de parfumeurs comme Guerlain intègrent dès le brief marketing la fragrance qui devient une signature complémentaire au maquillage. Les matières premières utilisées sont alors assez évanescentes afin de ne pas interférer avec le parfum de la cliente. « On travaille des notes de tête très fugaces qui ne gênent pas l’application d’autres produits » explique Anne Abriat. Le parfum apporte alors un côté plaisir, une bonne humeur, une émotion. « Mac a été le 1er à introduire dans ses couleurs aux teintes brunes des notes chocolat, praline, cacao et ce fut un important facteur de fidélisation. Parfumer un produit peut-être très stratégique » ajoute-t-elle. Les parfums ludiques, gourmands, fruités plaisent actuellement aux adolescentes. « En 2013, 50% des parfums féminins ont des notes fruitées et l’on remarque une diffusion de ces univers vers les gloss, rouges à lèvres, vernis à ongles » précise Isabelle Ferrand. D’ailleurs comme l’ajoute Hélène Lefur, « Les adolescentes sont très friandes de gloss aux notes sucrées – fruitées. »

Des initiatives originales

Récemment, des initiatives originales ont été lancées par des grands noms de la cosmétique, Dior, Yves Saint Laurent, Chanel proposent des mascaras parfumés. « Il faut néanmoins être très vigilant dans le parfumage de cette zone sensible du visage » conseille Isabelle Ferrand.

Serait-ce une nouvelle tendance ou des épiphénomènes ?