Une tendance de fond ! Se maquiller et se soigner…

Se maquiller, se soigner, la 1ère table ronde de l’édition 2013 du MakeUp in Paris a analysé les liens existants entre soin et maquillage.

Historiquement le maquillage n’a pas vocation d’être un soin

Même si on relate déjà l’utilisation du maquillage chez les Egyptiens et notamment les pharaons, la diffusion du maquillage dans nos sociétés ne s’est faite qu’à partir du 19ème siècle. « Ce sont les actrices de théâtre qui ont été les premières à se grimer le visage dans une volonté d’être vues de loin, de se travestir » introduit Dominique Bouvier présidente de Strand Cosmetic Europe. Les produits utilisés étaient alors composés d’ingrédients opacifiants avec des rendus très lourds, le bienfait pour la peau n’était pas l’objectif premier. Ensuite, à partir des années 60, les femmes au fur et à mesure de leur libération se sont approprié ces cosmétiques qui sont devenus plus légers, plus subtils. « Je pense même que dans le futur les produits de maquillage auront des textures totalement invisibles pour la peau » souhaite Max Herlant maquilleur conseil d’Yves Rocher qui propose des cours de maquillage pour les consommatrices et travaille sur une nouvelle émission télévisuelle basée sur la beauté.

Le maquillage soin sous l’impulsion du Japon

Au Japon, le maquillage a toujours eu comme perspective de présenter une peau parfaite ce qui est traduit à son paroxysme par la tradition des Geishas. Le concept de maquillage déborde sur celui du soin apporté à la peau. « Dans chaque gamme de soin, il y a un fond de teint qui est le produit frontière entre soin et maquillage. Pour exemple, les actifs de notre gamme de soin Sensia sont aussi intégrés dans la gamme de maquillage » précise Ghislaine Suquet de Kanebo Cosmetics. Le Japon fut aussi pionnier dans l’utilisation de pigments, de poudres plus acceptables pour la peau. Les traitements appliqués sur les particules ont pour vocation d’apporter douceur, transparence, glissant et parfaite compatibilité avec la surface cutanée. Le souci de bien traiter ce support est présent depuis longtemps dans la péninsule nippone. En Europe, complète Pierre Miasnik PDG de Fiabila « dès 1975 avec l’introduction de la réglementation cosmétique européenne, les matières premières qui pouvaient être délétères sont substituées dans les formules. Je pense notamment au toluène, phtalates, résines formaldéhydes pour les vernis à ongles. Je précise que nous avons mis au point un dissolvant crème tout récemment ». Le maquillage devient de plus en plus sain et même si certaines femmes pensent encore le contraire, « j’entends encore des remarques de personnes qui pensent que le fond de teint étouffe la peau » témoigne Max Herlant, les ingrédients utilisés sont conçus en accord avec les exigences de la biologie cutanée. Même les vernis à ongles supportent aujourd’hui des revendications d’hydratation. « Nous proposons des vernis sur base solvant avec 5% de D-panthénol et pour les bases aqueuses nous allons jusqu’à 3% d’urée. L’ongle retrouve alors toute sa flexibilité » illustre Pierre Miasnik. « Le maquillage à l’instar de nos smartphones qui sont multifonctions se doit de tout faire » conseille Ghislaine Suquet et « même si la frontière entre soin et maquillage est alors ténue, ce n’est pas gênant » complète-t-elle. Fond de teint avec protection solaire, mascaras avec actifs allongeant, rouge à lèvres hydratants et repulpants, les revendications de l’univers du soin se déclinent au maquillage.

Un démaquillage à améliorer

Et les consommatrices en redemandent. « Le maquillage avec des vertus thérapeutiques n’est pas autorisé mais de nombreuses études montrent son influence sur la santé morale des clientes et sur la confiance en soi. Malgré tout, le maquillage n’est pas l’équivalent d’un produit de soin car selon moi, le 1er soin est l’hygiène » témoigne Dominique Bouvier. Et il est vrai comme le précise Dominique Bouvier « que certains adolescents présentant des peaux altérées par des infections localisées utilisent largement le maquillage pour dissimuler leurs imperfections de peau sans pour autant porter une attention correcte au démaquillage. Parfois il y a excès d’hygiène ce qui provoque une séborrhée réactionnelle faisant le lit des infections et de l’inflammation chronique, parfois cette étape est omise mais rarement on a le bon équilibre ». Sur le domaine du démaquillage, des progrès restent à faire selon nos experts. « L’acte de démaquillage peut être agressif pour la peau, il est important d’apprendre aux femmes les bons gestes et des innovations restent encore à trouver sur ce sujet pour plus de douceur et de performance » conclut Ghislaine Suquet.

On peut alors se poser la question de savoir si le futur du soin dans le maquillage ne passera pas par le démaquillage ?