Relocalisation industrielle, sous la pression du « Time to Market » !

Ce sera évidemment l’un des sujets majeurs qui sera débattu le 19 septembre prochain de 15h30 à 17h dans la salle de conférence du prochain MakeUp in NewYork. Car qui dit que la « relocalisation » n’est pas une réponse à la pression du « Time to Market » ? Ce n’est donc pas par hasard si des entreprises étrangères se sont mises à investir massivement en Amérique du nord au cours de ces derniers mois. Les exemples sont nombreux. Certaines d’entre elles ont d’ailleurs accepté de faire partie des débats. A qui profite cette évolution ? Quels en sont les enjeux et les difficultés ? Une confrontation des idées qui ne pourra qu’être enrichissante et un débat qui continuera au-delà de MakeUp in NewYork…., à Los Angeles.

Au cours de ces vingt dernières années, au moins, l’industrie cosmétique américaine a de plus en plus misée sur un sourcing à l’étranger, notamment en provenance d’Asie. Le tissu industriel local s’est ainsi réduit de façon symétrique, car de nombreux fournisseurs de packagings et de formules ont préféré investir, pour leurs activités, dans des pays low cost plutôt qu’aux USA, ou ont même abandonné le secteur.
Une tendance inverse est en train d’émerger. Le développement économique et social de pays – un temps en plein développement – a érodé les gains en termes de coûts d’un sourcing à l’étranger et l’explosion de la demande locale s’est accaparée la capacité de production disponible. D’autre part, on observe aux États-Unis une forte volonté de relocalisation des emplois et des approvisionnements, une tendance qui risque d’impacter toutes les industries. Et il y a une autre raison majeure…. Aller vite ! Toujours plus vite !

Aller vite !

Car, cela n’aura échappé à personne ! L’univers de la cosmétique est un monde où tout va très vite. Comme dans l’univers de la mode, avec lequel la cosmétique entretient des rapports étroits, les tendances apparaissent, se développent et passent, remplacées par la vague suivante, le tout à un rythme qui ne cesse de s’accélérer.
Or il en faut du travail pour placer un milliard de rouges à lèvres et de mascaras dans les mains des fashionistas de Paris, New York, Shanghaï, Séoul et Sao Paulo. Et derrière la façade rutilante des parfumeries et les images léchées des pubs dans les médias, qu’ils soient traditionnels ou numériques, s’affaire toute une industrie bien réelle et physique de développeurs d’ingrédients, de formulateurs, de fabricants de packaging, de conditionneurs, de logisticiens… épaulés par des équipes de R&D et d’innovation et aiguillonnée par le marketing des marques, toujours sous pression. Car le risque que le concept génial et innovant qu’on a imaginé à l’instant T ne se trouve dépassé par d’autres à l’instant T+D (D comme développement) de la mise sur le marché est bien réel, et beaucoup en ont fait l’amère expérience.

Le rêve des « marketeurs » !

D’où le rêve ultime des marketeurs : « Je veux mon produit sur les rayons le lendemain de la décision ». Bon on en est encore un peu loin mais on s’en rapproche chaque jour un peu plus, et ce thème est devenu central dans les stratégies et les tactiques de toute la chaine de valeur de l’industrie. Or ce qui pouvait être optimisé l’a déjà été, on a réduit les temps de fabrication en automatisant les usines, les temps logistiques en travaillant sur des circuits courts et la démarche classique d’optimisation, de Value Stream Maping atteint son asymptote.
Parallèlement l’apparition de dizaines de nouvelles marques a inversé la logique de la supply chain, passant d’un principe de flux poussé à celle d’un flux tiré : au lieu de partir de la feuille blanche et de passer par toutes les étapes de la R&D au développement, à l’industrialisation etc (logique de flux poussé) elles vont faire leur marché sur les étagères bien garnies des spécialistes du full service, qui eux ont fait tout le travail en amont (car il faut bien le faire, et il est impossible aujourd’hui encore de faire l’impasse sur les tests de compatibilité et d’innocuité par exemple, et ils prennent par définition beaucoup de temps) ; il ne leur reste plus qu’à faire apposer leur logo sur les packs et de travailler leur communication ! C’est la logique du flux tiré. Ainsi le temps qui s’écoule entre la décision et la mise sur le marché peut être très court, et se compter en semaines plutôt qu’en mois/années.
On comprend bien que la chaîne de valeur qui soutient les Indie Brands n’est pas du tout la même que celle qui soutient les Legacy Brands. Les acteurs de la supply chain l’ont maintenant bien compris, avec plus ou moins d’anticipation, et s’organisent pour se repositionner et épouser la nouvelle dynamique de l’industrie…

Le débat du 19 septembre (15h30/17h)

« Produits ‘Made in the USA’ – Comment les fournisseurs US se démarquent et innovent pour jouer les premiers rôles en terme de compétitivité internationale »


Introduction :
Etat des lieux par Gerald Martines, In.Signes

1ere Partie : Table ronde animée par Gerald Martines avec des fabricants de Packaging basés (aussi) aux États-Unis :
– Arnaud Brilland, Vice President of Sales North America at Geka GmbH
– Vincent Groccia, VP Americas of Texen

2ème Partie : Table ronde animée par Gerald Martines avec les fournisseurs de Formules & de Full Service basés (aussi) aux États-Unis :
– Judy Zegarelli, fondatrice et directrice créative, Cosmetic Group USA, Inc.
– David C. Chung, fondateur et CEO, Englewood Lab
– Holli Montgomery, DG Schwan Cosmetics US
– Vittoria Cicchetti, CEO of Regi

3ème Partie : Conclusion – Animée par Gerald Martines et Charles-Emmanuel Gounod avec la participation de dirigeants clés « neutres » de l’industrie US de la Beauté, dont :
– Bill Kunz, President Kunz Consulting Services
– Laurent Frayssinet, independant international expert in global sourcing