Vers un retour du Made in America ?

Les industries de la formulation et du packaging cosmétiques sont-elles prêtes pour une relocalisation de leurs productions aux USA ? C’est la grande question. Depuis au moins deux décennies l’industrie cosmétique américaine a massivement misé sur le sourcing de ses packagings en provenance de pays ‘low-cost’, dont prioritairement l’Asie, et en particulier la Chine, mais aussi du Mexique, pour tirer parti des faible coûts de main d’oeuvre, des fortes capacités disponibles, et d’une réactivité rapide.
Ceci s’est traduit par la délocalisation de pans entiers de l’industrie, en particulier du packaging. Un retour est-il possible ? Les européens, pour plusieurs d’entre eux, ont bien l’intention d’être aussi de la partie. Ce sera le thème de la table ronde qui aura lieu mardi 19 septembre après-midi de 15h30 à 17h. A ne pas rater !

Au cours de ces vingt dernières années, les fournisseurs, historiquement présent sur le territoire des USA, ont – pour ceux qui en disposaient – transféré l’essentiel de leur production vers leurs sites propres en Asie ; d’autres – qui ne possédaient pas d’opération en propre sur ce continent – ont conclu des alliances avec des fournisseurs asiatiques ; D’autres encore ont misé sur le ‘near low cost’ en s’établissant au Mexique.
Certain enfin ont purement et simplement disparu. Le résultat net des ces mutations a été une diminution massive des capacités de productions aux USA.

Or depuis, la donne a significativement changé. Le développement économique et social de la Chine qui s’est fait à marche forcée s’est traduit par une augmentation significative des coûts de la main d’oeuvre et de l’énergie, et les coûts de production en Asie se sont fortement rapprochés des coûts occidentaux, surtout si l’on tient compte des coûts induits par la logistique, au point que cette source d’approvisionnement a perdu son caractère ‘low cost’.

De plus le développement de ces pays, hier ‘low-cost’, a eu pour conséquence une augmentation vertigineuse de la demande intérieure.
L’industrie du packaging cosmétique Chinoise par exemple a muté d’un modèle dominé par les exportations à celui d’industrie essentiellement domestique. Une grande part des capacités de production sont maintenant dédiées à la satisfaction de la demande locale, avec pour corollaire une diminution de la réactivité et de la flexibilité pour les clients occidentaux.

Une tendance lourde au rapatriement ?

Du côté USA, la situation économique et sociale a évolué dans un sens opposé, et la dépendance envers l’Asie pour ses approvisionnements a généré des problèmes logistiques, économiques et sociaux qui ont contribué à mettre en lumière le nouvel équilibre et alimenté de nombreux débats.

La tendance est aujourd’hui clairement orientée vers le rapatriement de la production sur le territoire des USA.
Dans la pratique, cependant, l’industrie se trouve face à un challenge, car il est beaucoup plus difficile et long de recréer des capacités et les compétences les accompagnant, que de les laisser partir.
Or l’industrie du packaging cosmétique requiert un très grand nombre de compétences et de savoir-faire complémentaires : technologies, maîtrise des matériaux et des décors, et spécialités diverses, tant cette industrie fait appel à des dizaines de métiers spécifiques.

Les participants de la table ronde ci-dessous tenteront de faire un état des lieux sur le niveau d’autonomie dont dispose aujourd’hui la filière cosmétique américaine, et sur ses perspectives d’évolution à court terme.

La table ronde – Mardi 19 septembre – 15h30 à 17h

« Produits ‘Made in the USA’ – Comment les fournisseurs US se démarquent et innovent pour jouer les premiers rôles en termes de compétitivité internationale ».

Au cours de ces vingt dernières années, au moins, l’industrie cosmétique américaine a de plus en plus misée sur un sourcing à l’étranger, notamment en provenance d’Asie. Le tissu industriel local s’est ainsi réduite de façon symétrique, car de nombreux fournisseurs de packagings et de formules ont préféré investir, pour leurs activités, dans des pays low cost plutôt qu’aux USA, ou ont même abandonné le secteur.
Une tendance inverse est en train d’émerger. Le développement économique et social de pays – un temps en plein développement – a érodé les gains en termes de coûts d’un sourcing à l’étranger et l’explosion de la demande locale s’est accaparée la capacité de production disponible. D’autre part, on observe aux États-Unis une forte volonté de relocalisation des emplois et des approvisionnements, une tendance qui risque d’impacter toutes les industries. Comment l’industrie cosmétique se prépare-t-elle à ce changement ? En effet, cette industrie complexe requiert une grande variété d’ingrédients, de technologies, de savoir-faire… Toutes les capacités et compétences nécessaires sont-elles facilement disponibles ? Quels seront les choix des acteurs locaux et mondiaux en matière de capacité et d’expertise ?

Introduction : Etat des lieux par Gerald Martines, In.Signes

1ere Partie : Table ronde animée par Gerald Martines avec des fabricants de Packaging basés (aussi) aux États-Unis :
– Brad Thompson, President Geka USA
– Holli Montgomery, MD Schwan Cosmetics US
– Vincent Groccia, VP Americas of Texen

2ème Partie : Table ronde animée par Gerald Martines avec les fournisseurs de Formules & de Full Service basés (aussi) aux États-Unis:
– Judy Zegarelli, Founder/Creative Director at Cosmetic Group USA, Inc.
– David C. Chung, Owner & CEO of Cosmetic Lab
– Jung-mi Lee, Manager of Global Technology Research Team at Kolmar Korea
– Vittoria Cicchetti, CEO of Regi

3ème Partie : Table ronde et conclusion :
Animée par Gerald Martines et Charles-Emmanuel Gounod avec la participation de dirigeants clés « neutres » de l’industrie US de la Beauté, dont :
– Bill Kunz, President Kunz Consulting Services