Brésil : le maquillage à la hausse

La troisième édition de MakeUp in SaoPaulo se déroulera les 7 et 8 décembre prochain au Centro Rebouças à Sao Paulo. Une édition qui se déroulera dans un climat économique plutôt morose, comme chacun le sait. Mais paradoxalement, le secteur cosmétique en général et maquillage/soin en particulier se portent plutôt bien. Les dernières statistiques 2015 publiées par l’Abihpec en mars dernier le prouvent et les dernières projections depuis cette date le confirment. Le point avec Joao Carlos Basilio, Président de l’Abihpec.

Joao Carlos Basilio

Joao Carlos Basilio

MakeUp in…™ : Sur quels chiffres a terminé l’année 2015 l’Industrie brésilienne des Soins personnels, de la Parfumerie et des Cosmétiques ?

Joao Carlos Basilio : L’industrie brésilienne des Soins personnels, de la Parfumerie et des Cosmétiques (HPPC), en d’autres termes l’industrie cosmétique, a été la cible de sanctions fiscales en 2015, ce qui a entraîné une baisse de 8% des revenus par rapport à l’année précédente, avec des taxes sur les ventes ex-works, et des taxes après-vente, de R$ 42,6 Mds (€10,599 Mds). Ce scénario a également fini par impacter la position du Brésil dans le classement mondial de la consommation, en le faisant chuter de la troisième à la quatrième place, derrière les États-Unis, la Chine et le Japon, respectivement.
MakeUp in…™ : De quelle manière a été impacté l’industrie cosmétique brésilienne par ces résultats en 2015 ?

Joao Carlos Basilio : De tels résultats – déjà anticipée – sont directement liés aux mesures successives et aveugles d’augmentation des impôts, sous prétexte d’accroître les ressources du trésor public. Le résultat final a été que les ventes du secteur se sont écroulées, réduisant par conséquent la courbe des revenus, produisant un effet contraire à celui escompté par les Gouverneurs. La dépréciation de la monnaie locale, le Real a contribué également au résultat négatif du secteur qui a clôturé l’année en abandonnant son leadership dans des catégories importantes et essentielles à la santé et au bien-être des consommateurs, telles que les écrans solaires et les désodorisants.
MakeUp in…™ : Quelles sont les perspectives pour 2016 ?

Joao Carlos Basilio : Avec un nouveau gouvernement à la tête du pays, le secteur escompte une amélioration de la demande dans le courant du second semestre 2016, poussé par un regain d’optimisme des Brésiliens, qui espèreront tous une reprise économique à la suite des élections.

Cependant, dans la mesure où la priorité sera pour le nouveau gouvernement d’améliorer l’activité économique du pays, la société s’attend à ce que le gouvernement contrôle l’usage des deniers publics afin d’éliminer les excès de privilèges. La charge fiscale supportée par l’industrie est déjà trop élevée et nous n’envisageons qu’elle puisse augmenter davantage, car cela ne serait pas viable.

Avec un dollar U.S. à environ R $ 3.20, selon les prévisions de LCA Consultores, la nécessité de devoir réajuster les prix diminue. Nous pensons que les consommateurs seront en mesure de pouvoir acheter à nouveau des produits offrant une plus forte valeur ajoutée, les produits de marques qu’ils avaient cessé d’acheter en raison de la chute de leur pouvoir d’achat. Il est difficile de prévoir quand cela se produira effectivement, mais nous croyons en une reprise.
En 2016, les industriels locaux pourront se tourner encore plus vers l’innovation. Mais l’industrie cosmétique brésilienne a déjà adopté un fonctionnement à part, à tel point qu’elle investit près de 40% de son chiffre d’affaires dans des lancements produits deux fois par an. Cependant, cette année, nous devrons nous focaliser encore et toujours plus sur l’innovation et proposer de meilleures alternatives en termes de coûts, tant pour les entreprises que pour les consommateurs. Les industriels ayant une vision claire, une bonne compréhension et de bonnes idées, surtout en cette période délicate pour le Brésil, se démarqueront de leurs concurrents.
MakeUp in…™ : Dans ce contexte, quelle a été la performance du secteur du maquillage au Brésil?

Joao Carlos Basilio : En dépit du recul industriel, le segment du maquillage est resté très bien orienté au Brésil. L’augmentation du nombre de consommatrices sur le marché a aussi une influence sur les choix et les habitudes de ces femmes “multitâches”, qui sont des consommateurs régulières de produits de maquillage.

Une étude de Mintel pour 2015, souligne, par exemple, que 45% des femmes préfèrent avant tout, un maquillage longue durée. Ensuite 38% d’entre elles préfèrent des produits faciles à appliquer. Cela prouve deux choses : la nécessité de prendre soin de son look et deuxièmement d’arriver à optimiser son temps.

De plus l’ l’industrie cosmétique est de plus en plus engagée dans une offre de produits innovants qui réponde aux exigences spécifiques de chaque public et qui reflète la qualité de vie, l’amélioration de l’estime de soi et qui répondent aussi aux besoins de la femme moderne brésilienne.
MakeUp in…™ : Quel est le paysage réglementaire de l’industrie cosmétique au Brésil ?

Joao Carlos Basilio : Le système réglementaire de l’industrie cosmétique au Brésil offre bon nombres de défis à relever. L’ABIHPEC, de concerte avec les autorités sanitaires, se fait l’avocat de mesures qui apporteront plus d’avantages au consommateur, et plus de poids aux contrôles sanitaires effectués par l’Anvisa (Agence nationale de surveillance sanitaire) et à l’industrie, en mettant l’accent sur une surveillance post-commercialisation, en s’appuyant sur l’arrivée des laboratoires privés et sur les moyens humains de l’Agence afin qu’ils puissent avoir accès et inspecter effectivement les produits mis sur le marché, que ce soit ceux de sociétés qui suivent les règles du jeu réglementaire ou ceux de sociétés qui ne les suivent pas.
MakeUp in…™ : Quel est le travail entrepris par l’ABIHPEC pour développer l’internationalisation de l’industrie brésilienne des cosmétiques ?

Joao Carlos Basilio : L’ABIHPEC, en partenariat avec Apex-Brazil (Agence brésilienne du commerce extérieur et de promotion des investissements), est porteur du Projet Sectoriel Beautycare Brazil, (Beautycare Brazil SP) destiné à soutenir et encourager les exportations de l’industrie cosmétique, de la qualification à la préparation des entreprises aux marchés extérieurs et à leur internationalisation.

Le but de Beautycare Brazil SP est de sensibiliser les entreprises qui ne font pas encore partie du projet, d’encourager et d’aider les sociétés qui ne sont toujours pas performantes à l’international et finalement de soutenir les entreprises exportatrices.

Beautycare Brazil SP travaille en partenariat avec l’ABIHPEC sur plusieurs indicateurs de performance/rendement, ce qui nous permet de toujours être au courant du comportement du marché, y compris en ce qui concerne l’analyse et l’évaluation des interférences commerciales, des barrières fiscales et non fiscales, des accords internationaux, des questions logistiques et douanières, des transactions internationales et de commercialisation, des variables économiques et politiques, qui influencent la réalisation de ces actions afin de mieux servir le groupe des sociétés qui font partie du Beautycare Brazil SP.
MakeUp in…™ : Quels avantages va apporter au marché brésilien de la Beauté l’ouverture de sites de production appartenant à des entreprises étrangères ?

Joao Carlos Basilio : L’ouverture de nouvelles installations industrielles va dynamiser l’économie du pays et renforcer les performances de l’industrie cosmétique, une fois qu’elles auront touché toute la chaine de production et générer de nouvelles opportunités d’emploi.