Joao Carlos Basilio, ABIHPEC : « Nous voyons l’avenir avec optimisme ! »

MakeUp in …™ : Pourriez-vous nous préciser ce que représente l’ABIHPEC en nombre d’associés et en importance économique / son rôle au Brésil (volume d’affaires des sociétés associées, les différents secteurs représentés, etc.)?

Joao Carlos Basilio : L’Association brésilienne de l’industrie des parfums, des cosmétiques et des produits de toilette (ABIHPEC) représente l’un des secteurs avec historiquement la plus forte progression dans le monde entier et qui compte dans ses rangs actuellement, plus de 360 entreprises associées, de tailles différentes, correspondant à 94% de l’ensemble secteur. Tout au long des 20 dernières années, notre Association a développé et soutenu des actions en faveur de l’industrie brésilienne des Soins Personnels, de la Parfumerie et des Cosmétiques (PHPC), qui a affiché une croissance moyenne proche de 10% par an au cours des 18 dernières années, et qui est passée, sur la base d’une facturation « départ usine », déduction faite des impôts sur les ventes, de R$ 4,9 milliards en 1996 à R$ 38 milliards en 2013.

En ce qui concerne les produits de consommation, le consommateur brésilien a contribué à l’accroissement des ventes de produits qui ont clôturé l’année 2013 avec R$ 93,3 milliards (prix de détail), selon les données d’Euromonitor. Avec 9% de facturation globale dont 54% pour l’Amérique latine, le Brésil est le premier marché consommateur de déodorants et de parfums ; le second en produits pour le bain, les cheveux, l’épilation, les enfants, les soins pour hommes et la protection solaire ; il est le troisième pour l’hygiène bucco-dentaire et le maquillage et le cinquième pour le skincare.

MakeUp in …™ : Quelles sont les principales activités et services fournis par l’ABIHPEC ?

Joao Carlos Basilio : L’ABIHPEC s’est employé à réduire les obstacles réglementaires qui nuisent à la croissance du secteur, en anticipant et en participant activement à des discussions avec le gouvernement. Grâce à une coopération technique avec l’Agence brésilienne de surveillance sanitaire (ANVISA), le secteur a contribué à améliorer le système d’enregistrement électronique pour les nouveaux produits, accélérant ainsi le processus d’enregistrement existant. L’Association soutient également l’accroissement de la concurrence entre les industries grâce à l’innovation. Pour cela, elle s’appuie sur l’Institut de technologie et d’études de l’hygiène personnelle, de la parfumerie et des cosmétiques (ITEHPEC), qui encourage les actions de recherche et de développement en matière d’innovation et de technologie. En plaçant le secteur encore plus près des possibilités mondiales, l’ABIHPEC représente au mieux les intérêts de l’industrie DES PHPC dans les forums nationaux et internationaux. Au travers des questions de réglementation et de commerce extérieur, l’Association cherche à réduire les obstacles commerciaux, techniques et réglementaires ainsi qu’à soulager la filière de production en ce qui concerne l’abaissement de la taxe à l’importation pour les ingrédients et intrants non fabriqués dans le pays. En ce concerne le commerce à l’international, les exportations totales du secteur en 2013 se sont élevées à USD 783 millions. En outre, dans le but de promouvoir la compétitivité de l’industrie par le biais de son internationalisation, en 2000, le projet sectoriel Beautycare Brazil, a été développé, il s’agit d’un accord de coopération technique et financier géré par l’ABIHPEC conjointement avec l’Agence brésilienne pour la promotion des exportations et des investissements (APEX-Brasil). Avec la mise en place de différentes actions commerciales et de qualification depuis sa création, le projet a élargit sa représentativité, avec maintenant 56 entreprises participantes (contre 6 au début), générant 158 millions de dollars en exportations en 2013.

Dans le but de promouvoir, soutenir et encourager les micro entreprises et les PME du pays, l’ABIHPEC, en partenariat avec l’Agence brésilienne pour le développement industriel (ABDI) et le Service de soutien aux micro-entreprises et PME (National SEBRAE), coordonne dans plusieurs États brésiliens le Programme de développement de l’industrie brésilienne des Soins Personnels, de la Parfumerie et des Cosmétiques (PDS/PHPC), axé sur le développement durable des entreprises, au moyen de la gestion et de la diffusion du savoir au sein du secteur. Parmi les différentes actions engagées par le PDS, nous pouvons citer l’activité développée en partenariat avec l’ABIHPEC dans le domaine de la connaissance des marchés, où des analyses sont réalisées et des informations sont diffusées pour aider de nombreuses entreprises dans l’élaboration de leur planification stratégique.

En terme de développement durable, l’ABIHPEC travaille pour la Société et anticipe la législation environnementale au moyen de ses programmes et études, comme cela est le cas avec le programme « Lend a hand to the Future – Recycling, Work and Income » (Donner un coup de main à l’avenir – Recyclage, Travail et Revenus), qui participe directement à la réduction des volume de matériaux recyclables qui seraient sans cela mis définitivement au rebut dans les décharges, et l’ABIHPEC soutient aussi les programmes de création d’emplois et de génération de revenus favorisant l’insertion sociale, l’amélioration des conditions de travail et la qualité de vie des collecteurs de matières recyclables. L’Association Brésilienne des Industries des Produits de Nettoyage (ABIPLA) et l’Association Brésilienne des Industries des Pâtes, du Pain et de la Pâtisserie (ABIMA) sont également partenaires du programme.

Développé par le secteur social de l’Association, l’Institut ABIHPEC est partie prenante dans deux actions sociales importantes: le projet « Love for life – beauty against cancer » (Amour de la vie – la beauté contre le cancer), qui tente de restaurer l’estime de soi chez les femmes sous traitement oncologique, avec des ateliers d’auto-maquillage et le projet « Pedophilia: don’t close your eyes to it » (La Pédophilie: ne fermez pas les yeux devant elle) dont le but est de sensibiliser la société sur son rôle dans la surveillance et la lutte contre la pédophilie. Afin de faire comprendre que la croissance du secteur PHPC est également due aux améliorations permanentes apportées par les agents et les partenaires, l’Association capitalise dans la reconnaissance des travaux développés, par le biais du programme de l’ABIHPEC, « Brazil Beauty and Suppliers Qualification Programme » (Programme de Qualification des Fournisseurs de l’Industrie de la Beauté Brésilienne), qui promeut des résultats pertinents sur l’ensemble de la chaîne.

Les résultats obtenus sont conformes aux objectifs de l’ABIHPEC: soutenir, développer, encourager et créer des actions et des outils qui contribuent à la croissance du secteur PHPG au Brésil et dans le monde.

MakeUp in …™ : Comment se porte le marché brésilien ? Pourriez-vous détailler votre réponse par segment ?

Joao Carlos Basilio : L’industrie cosmétique a investi dans la création de produits qui aident à augmenter l’estime de soi du consommateur final, en plus du skincare, y compris l’hydratation de la peau, la lutte contre le vieillissement et la protection solaire avec la prévention du cancer de la peau. La participation des hommes, des adolescents et des enfants a bénéficié au marché total et au segment et avec en 2013 un plus grand éventail de produits vendus dans le domaine du skincare, du maquillage et des produits capillaires. Les ventes « Départ Usine » du segment des produits cosmétiques se sont élevées à R$ 9,4 milliards en 2013.

MakeUp in …™ : Le secteur de la distribution évolue au Brésil. La vente à domicile semble laisser progressivement la place dans les grandes métropoles à la distribution traditionnelle en magasins et supermarchés. Quelle est votre opinion?

Joao Carlos Basilio : La distribution n’est pas en train de changer. En fait des changements se produisent dans les grandes villes en raison des difficultés de transports, ce qui entraine un accroissement du nombre de marchés régionaux et de centres commerciaux dans les quartiers et les régions, afin de faciliter l’accès du public. Les ventes directes à l’heure actuelle rencontrent des difficultés, mais il est trop tôt pour en tirer des conclusions, personne ne peut dire avec certitude à l’heure actuelle si le marché tendra vers la vente traditionnelle, la vente directe un système de franchise, parce que le marché est dans une situation où il n’est pas possible de tracer une définition claire des axes futurs. Ainsi, on ne peut dire que les ventes directes cèdent la place ou non aux circuits traditionnels.

MakeUp in …™ : De plus en plus d’entreprises étrangères s’intéressent au marché brésilien de la beauté, aussi bien des fournisseurs de packaging ou de matières premières qui investissent directement dans des unités de production sur place que des marques qui investissent les circuits de distribution. Phénomène passager ou durable selon vous ?

Joao Carlos Basilio : Je ne vois pas cela comme un phénomène. Le marché brésilien est un grand marché qui dépassera R$ 100 milliards (prix de détails) cette année, ce qui par conséquent attire l’attention des entreprises – fabricants de produits, fournisseurs de packaging et de matières premières – qui naturellement tiennent à être présents sur ce marché.

Ce n’est pas un phénomène, nous avons observé parfois que de nombreuses sociétés ont mis beaucoup de temps avant de s’apercevoir de l’intérêt que le marché brésilien représentait et elles sont maintenant prêtes à payer un prix élevé pour se développer sur ce marché qui reste cependant toujours attrayant et par conséquent ABIHPEC envisage l’avenir avec optimisme.

MakeUp in …™ : Le maquillage est en vogue. Les brésiliennes se maquillent visiblement de plus en plus. Est-ce que vos études le confirment et pourquoi ?

Joao Carlos Basilio : Comme je l’ai expliqué à la troisième question, Oui, le maquillage est en vogue et il y a plusieurs raisons à la croissance continue de ce segment, comme par exemple, l’insertion des femmes dans le marché de travail, la prise de conscience des entreprises sur la nécessité de « climatiser » les produits pour un pays se situant en dessous de la ligne de l’Équateur – notre saison froide correspond à une saison chaude en Europe et de notre saison chaude – qui est longue, n’a aucun équivalent ailleurs. Les entreprises ont pris conscience de cela et sont entrain de « climatiser » les formules de leurs produits de maquillage pour qu’elles conviennent à un pays tropical comme le Brésil.